{"id":232,"date":"2009-02-01T11:43:33","date_gmt":"2009-02-01T11:43:33","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"Petite histoire de la cnt-f ","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cnt67.cnt-f.org\/?p=232","title":{"rendered":"Petite histoire de la cnt-f"},"content":{"rendered":"<div class=\"chapo\">\n<p><img decoding=\"async\" src=\"..\/cnt31\/local\/cache-vignettes\/L150xH113\/arton202-450ea.jpg\" border=\"0\" align=\"left\" \/>Le nom de la CNT circule d\u00e9sormais r\u00e9guli\u00e8rement, sur les tracts, dans les manifestations, parfois dans les m\u00e9dias. Mais si les trois lettres commencent \u00e0 \u00eatre connues, ce qu\u2019elles signifient reste souvent bien flou. Plusieurs \u00e9l\u00e9ments concourent \u00e0 cela. \u00a0\u00bb Conf\u00e9d\u00e9ration nationale du travail \u00a0\u00bb indique bien qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un syndicat, pour le reste les termes ne sont gu\u00e8re explicite\u00a0; et comportent un \u00a0\u00bb nationale \u00a0\u00bb bien peu opportun, de nos jours, en France. Ensuite, les r\u00e9f\u00e9rences de la CNT, syndicalisme r\u00e9volutionnaire, anarchosyndicalisme, laissent souvent la place \u00e0 un \u00a0\u00bb anarchisme \u00a0\u00bb qui ne lui correspond pas. Enfin, son image sulfureuse, teint\u00e9e d\u2019une violence que les m\u00e9dias pr\u00e9sentent volontiers comme gratuite, trouble la perception ext\u00e9rieure de sa r\u00e9alit\u00e9 militante. L\u2019existence d\u2019une autre \u00a0\u00bb CNT \u00a0\u00bb dite CNT-AIT, survivance d\u2019ancienne scission, contribue \u00e9galement, lorsqu\u2019on s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la CNT, \u00e0 en compliquer l\u2019appr\u00e9hension. Alors, la CNT, c\u2019est quoi\u00a0?<\/p>\n<p><\/div>\n<div class=\"texte\">\n<h3 class=\"spip\"> <strong>I- R\u00e9f\u00e9rences historiques<\/strong> <\/h3>\n<p>Historiquement, la CNT a deux r\u00e9f\u00e9rences qui se compl\u00e8tent, le syndicalisme r\u00e9volutionnaire et l\u2019anarchosyndicalisme.<\/p>\n<p><strong>1) Le syndicalisme r\u00e9volutionnaire<\/strong><\/p>\n<p>Le syndicalisme r\u00e9volutionnaire de la CGT d\u2019avant la guerre de 14-18, b\u00e2tie en grande partie par des militants issus de l\u2019anarchisme, avec certains principes h\u00e9rit\u00e9s de cet anarchisme (d\u00e9mocratie directe), mais en rupture avec l\u2019organisation politique (principes classistes), et en d\u00e9veloppant des modes d\u2019action propres\u00a0: gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale expropriatrice. Le syndicalisme r\u00e9volutionnaire est \u00e9galement n\u00e9 contre le d\u00e9veloppement d\u2019un anarchisme individualiste exaltant la valeur de l\u2019individu au d\u00e9triment de la soci\u00e9t\u00e9 humaine, et usant paradoxalement de l\u2019arme terroriste instrumentalisant la vie humaine. Le syndicalisme r\u00e9volutionnaire, s\u2019il a interpr\u00e9t\u00e9 l\u2019analyse \u00e9conomique marxiste, s\u2019est \u00e9galement construit contre les partis politiques de cette ob\u00e9dience\u00a0: marxistes, anarchistes, le premier combat de la CGT naissante a \u00e9t\u00e9 d\u2019emp\u00eacher son instrumentalisation par les partis. Sa d\u00e9faite, apr\u00e8s 1918, sera concr\u00e9tis\u00e9e par la victoire du courant social-d\u00e9mocrate puis du Parti communiste. C\u2019est ensuite, apr\u00e8s un \u00e9pisode dans la CGT-U avec les \u00a0\u00bb communistes \u00ab\u00a0, la CGT-SR (\u00a0\u00bb SR \u00a0\u00bb pour syndicaliste r\u00e9volutionnaire) qui a repris le flambeau du syndicalisme r\u00e9volutionnaire, jusqu\u2019\u00e0 la Seconde Guerre mondiale.<\/p>\n<p><strong>2) L\u2019anarchosyndicalisme<\/strong><\/p>\n<p>La seconde r\u00e9f\u00e9rence de la CNT, c\u2019est l\u2019anarchosyndicalisme de la CNT espagnole, qui s\u2019affirme, depuis le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle jusqu\u2019\u00e0 1936, comme la principale organisation r\u00e9volutionnaire espagnole. Contrairement \u00e0 la plupart des pays occidentaux, la bolchevisation des courants r\u00e9volutionnaires suite \u00e0 la r\u00e9volution russe n\u2019est pas parvenue \u00e0 absorber celui espagnol. La FAI (F\u00e9d\u00e9ration anarchiste ib\u00e9rique) s\u2019est cr\u00e9\u00e9e pour assurer un contr\u00f4le politique de l\u2019organisation syndicale. Le syndicalisme espagnol s\u2019est ainsi affirm\u00e9 en inventant le projet de soci\u00e9t\u00e9 communiste libertaire\u00a0: la reconnaissance de la lutte de classe, et non de l\u2019individu, comme base d\u2019organisation sociale, mais selon des principes autogestionnaires, en pratiquant l\u2019action directe (sans d\u00e9l\u00e9gation par des \u00ab\u00a0sp\u00e9cialistes\u00a0\u00bb, les ouvriers gardant le contr\u00f4le). Les collectivit\u00e9s d\u2019Aragon et d\u2019ailleurs ont \u00e9t\u00e9 la r\u00e9alisation historique de la CNT h\u00e9g\u00e9monique (1 million d\u2019adh\u00e9rents) dans la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire de 1936-39.<\/p>\n<h3 class=\"spip\"> <strong>II- R\u00e9f\u00e9rences id\u00e9ologiques<\/strong> <\/h3>\n<p>\u00a0\u00bb Les anarchistes de la CNT \u00ab\u00a0, \u00e9taient jusqu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 90 la d\u00e9nomination la plus courante qui servait aux m\u00e9dias pour nous d\u00e9signer. On est pass\u00e9 ensuite \u00e0 \u00a0\u00bb Le syndicat anarchiste CNT \u00ab\u00a0. C\u2019est bien, \u00e7a progresse, mais c\u2019est pas encore \u00e7a\u00a0! Certains commencent \u00e0 nous appeler \u00a0\u00bb anarchosyndicaliste \u00ab\u00a0. On se rapproche&#8230;<\/p>\n<p><strong>1) La CNT, libertaire\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p>Se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 l\u2019anarchosyndicalisme et au syndicalisme r\u00e9volutionnaire, la CNT aujourd\u2019hui oscille entre la reconnaissance d\u2019un projet communiste libertaire et le refus de toute \u00e9tiquette sp\u00e9cifiquement i\u00e9ologique\u00a0: pas d\u2019organisation politique, de quelque ob\u00e9dience qu\u2019elle soit, comme tutrice de l\u2019organisation syndicale. Une logique d\u2019adh\u00e9sion qui est bas\u00e9e sur l\u2019appartenance de classe, et non les r\u00e9f\u00e9rences id\u00e9ologiques. Mais une proximit\u00e9 ind\u00e9niable avec un certain courant du mouvement libertaire, dont la proximit\u00e9 s\u2019explique par le mode de fonctionnement. Une proximit\u00e9 qui, avec d\u2019autres composantes de ce m\u00eame \u00a0\u00bb mouvement \u00ab\u00a0, se transforme en hostilit\u00e9 manifeste\u00a0: l\u2019individualisme, de quelque ob\u00e9dience qu\u2019il soit, n\u2019est gu\u00e8re compatible avec le communisme libertaire, fond\u00e9 sur la reconnaissance de l\u2019\u00eatre humain comme \u00a0\u00bb animal social \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p><strong>2) L\u2019action comme id\u00e9ologie.<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est dans l\u2019action bien plus que dans les dogmes id\u00e9ologiques que la CNT se construit. Parfois accus\u00e9e d\u2019activisme, soup\u00e7onn\u00e9e d\u2019oublier la r\u00e9flexion et d\u2019\u00e9touffer les d\u00e9bats internes dans un mouvement perp\u00e9tuel, elle assume ces critiques en consid\u00e9rant la r\u00e9flexion comme fruit de l\u2019action, l\u2019id\u00e9ologie issue de la pratique, et non l\u2019inverse. La force de cet \u00e9tat de fait, c\u2019est de permettre de r\u00e9unir des militants ayant des opinions parfois diff\u00e9rentes, de ne pas paralyser l\u2019organisation par d\u2019interminables querelles, comme cela est trop souvent le cas dans les groupuscules. C\u2019est un des piliers de notre d\u00e9veloppement. La faiblesse est le risque de d\u00e9tournement progressif du projet r\u00e9volutionnaire, soit dans une fuite en avant activiste, soit dans un ramollissement r\u00e9formiste. Contre ces d\u00e9rives, il s\u2019agit de r\u00e9affirmer sans rel\u00e2che nos principes fondamentaux (autogestion, refus de la cogestion, organisation r\u00e9volutionnaire de lutte de classe, ind\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard des partis, action directe&#8230;). Cela se fait dans les pratiques plus que dans les discours. Pour nous, la r\u00e9sistance se construit au sein m\u00eame de l\u2019ancien monde. Nous refusons de demeurer entre convaincus dans une tour d\u2019ivoire, ressassant des th\u00e9ories sans r\u00e9alit\u00e9. Alors, oui, nous avan\u00e7ons dans la merde. Et nous pr\u00e9tendons le faire sans nous y noyer.<\/p>\n<p><strong>3) L\u2019action directe.<\/strong><\/p>\n<p>Il est r\u00e9v\u00e9lateur que l\u2019un de nos principes primordiaux soit un principe d\u2019action, l\u2019\u00a0\u00bb action directe \u00ab\u00a0. Que faut-il entendre par ce terme\u00a0? Souvent, il est d\u00e9tourn\u00e9 de sa signification subversive, en ne renvoyant qu\u2019\u00e0 une id\u00e9e erron\u00e9e de \u00a0\u00bb violence \u00ab\u00a0, cette m\u00eame \u00a0\u00bb violence gratuite \u00a0\u00bb que l\u2019on nous attribue r\u00e9guli\u00e8rement dans les m\u00e9dias. En r\u00e9alit\u00e9, si une action directe peut \u00eatre violente, le plus souvent elle ne l\u2019est pas. L\u2019action directe, c\u2019est une forme de lutte, d\u00e9cid\u00e9e, mise en oeuvre et g\u00e9r\u00e9e directement par les personnes concern\u00e9es. Gr\u00e8ves, boycott, piquets de gr\u00e8ve, occupations, sont des formes d\u2019action directe, celles que nous pratiquons r\u00e9guli\u00e8rement dans notre travail syndical.<\/p>\n<h3 class=\"spip\"><strong>III- CNT, de 1946 \u00e0 la rupture avec l\u2019AIT<\/strong> <\/h3>\n<p>La CNT est n\u00e9e en 1946. Elle a pris le nom de CNT en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la CNT espagnole, b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un immense prestige. Le \u00a0\u00bb nationale \u00a0\u00bb s\u2019explique ainsi, qui \u00e9tait justifi\u00e9 dans le contexte espagnol o\u00f9 le r\u00e9gionalisme \u00e9tait utilis\u00e9 par les forces r\u00e9actionnaires et o\u00f9 ce terme affirmait l\u2019unit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re. Dans la situation fran\u00e7aise, il \u00e9tait certes nettement moins pertinent, d\u2019autant plus aujourd\u2019hui que la r\u00e9f\u00e9rence espagnole s\u2019av\u00e8re moins pr\u00e9gnante.<\/p>\n<p><strong>1) La CNT groupusculaire <\/strong><\/p>\n<p>B\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un essor consid\u00e9rable au lendemain de la guerre (100000 adh\u00e9rents environ), r\u00e9unissant tous ceux qui ne se reconnaissaient pas dans une CGT inf\u00e9od\u00e9e aux bolcheviques, malgr\u00e9 une pr\u00e9sence ind\u00e9niable dans certains secteurs (b\u00e2timent, r\u00e9gion lyonnaise&#8230;) et la participation active de ses sections syndicales lors des gr\u00e8ves de 1947, elle s\u2019est \u00e9croul\u00e9e aussi rapidement qu\u2019elle a grandi, semble-t-il en raison d\u2019affrontements id\u00e9ologiques de dogmatiques \u00e9pris de puret\u00e9, et la concurrence avec Force Ouvri\u00e8re. Mais cette p\u00e9riode, sur laquelle des camarades travaillent actuellement, est historiquement mal connue. Puis la CNT, si elle n\u2019a jamais disparu, a connu jusqu\u2019aux ann\u00e9es 90 une longue existence de groupuscule, oscillant de quelques dizaines \u00e0 quelques centaines d\u2019adh\u00e9rents. N\u2019ayant plus de r\u00e9alit\u00e9 syndicale, hormis quelques exp\u00e9riences ponctuelles, elle s\u2019est naturellement repli\u00e9e sur des activit\u00e9s propagandistes.<\/p>\n<p><strong>2) Les scissions<\/strong><\/p>\n<p>Elle a connu durant cette p\u00e9riode deux scissions. La premi\u00e8re, dite de la \u00a0\u00bb Tour d\u2019Auvergne \u00ab\u00a0, du nom de la rue o\u00f9 se trouvait le local de la CNT d\u2019alors. Elle existe toujours, sous le nom de \u00a0\u00bb CNT-deuxi\u00e8me UR \u00ab\u00a0, elle r\u00e9unit une dizaine d\u2019adh\u00e9rents, et sa principale activit\u00e9 semble \u00eatre l\u2019animation d\u2019un site Internet (<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.cnt-2eme-ur.org\/\" rel=\"nofollow\">http:\/\/www.cnt-2eme-ur.org\/<\/a>) et la propagande anarchiste. Les origines de cette scission sont assez floues et semblent relever essentiellement de querelles personnelles.<\/p>\n<p>La seconde date de 1993. Il s\u2019agit de la CNT-AIT (<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/cnt-ait.info\/\" rel=\"nofollow\">http:\/\/cnt-ait.info\/<\/a>)\u00a0: le XXe congr\u00e8s de l\u2019AIT (Association internationale des travailleurs), en 1996, a en effet exclu \u00a0\u00bb notre \u00a0\u00bb CNT, \u00e0 2 voix contre une (\u00a0!) et 3 abstentions&#8230; un vote minoritaire, bien peu repr\u00e9sentatif de notre logique de fonctionnement, privil\u00e9giant le consensus. Une fois encore, des oppositions de personnes ont jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant dans cette scission. Deux lignes cependant se dessinait, qui se sont encore affirm\u00e9es par la suite\u00a0: d\u2019une part, une ligne dogmatique dure, s\u2019opposant radicalement aux \u00e9lections du personnel et donc \u00e0 la strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement des sections syndicales, se repliant de fait sur une ligne propagandiste anarchiste\/anarchosyndicaliste\u00a0; d\u2019autre part, une ligne cherchant \u00e0 d\u00e9velopper un syndicalisme de lutte, acceptant la participation ponctuelle aux \u00e9lections pour prot\u00e9ger ses sections syndicales, refusant la r\u00e9f\u00e9rence id\u00e9ologique unique \u00e0 l\u2019anarchisme, d\u00e9fendue par notre organisation (souvent appell\u00e9e CNT Vignolles). Des distinctions \u00e0 relativiser\u00a0: il est arriv\u00e9 par la suite que des syndicats de la CNT-AIT se pr\u00e9sentent aux \u00e9lections de DP et effectuent un excellent travail syndical\u00a0; ceux de la CNT ne s\u2019y pr\u00e9sentent par ailleurs que tr\u00e8s ponctuellement. Soulignons enfin que, localement, lorsque les vieilles rivalit\u00e9s de personnes sont absentes, d\u2019excellentes relations existent, ainsi qu\u2019un travail commun fructueux.<\/p>\n<h3 class=\"spip\"> <strong>IV- CNT, de 1995 \u00e0 aujourd\u2019hui<\/strong> <\/h3>\n<p>Sinon un d\u00e9veloppement fulgurant, la CNT a, au long des ann\u00e9es 90, connu un d\u00e9veloppement cons\u00e9quent. Lors de la scission de 1993, les deux branches qui se s\u00e9paraient comptaient chacune une bonne centaine d\u2019adh\u00e9rents environ, ce qui \u00e9tait plut\u00f4t important en regard des effectifs connus jusqu\u2019alors. Dix ans plus tard, la CNT revendique environ 5000 adh\u00e9rents sur toute la France. La r\u00e9gion parisienne, qui r\u00e9unissait \u00e0 l\u2019\u00e9poque une dizaine d\u2019adh\u00e9rents, en compte aujourd\u2019hui un millier, et parvient \u00e0 composer des cort\u00e8ges de plusieurs milliers de personnes (7000 le premier mai 2002 &#8211; 10000 selon l\u2019envoy\u00e9 sp\u00e9cial de France Info). Remarquons que la mobilisation pour les initiatives purement syndicales (retraites, licenciements, etc.) sont plus laborieuses &#8211; il y a dix ans, elles \u00e9taient anecdotiques\u00a0!<\/p>\n<p><strong>1) La FAU et novembre-d\u00e9cembre 1995<\/strong><\/p>\n<p>Paradoxalement, c\u2019est le d\u00e9veloppement d\u2019un syndicalisme universitaire CNT, compos\u00e9 essentiellement d\u2019\u00e9tudiants (des \u00ab\u00a0travailleurs en formation\u00a0\u00bb pour la CNT) l\u00e9g\u00e8rement ant\u00e9rieur aux luttes contre le CIP, qui a contribu\u00e9 pour une bonne part au d\u00e9veloppement de la CNT dans le sens d\u2019une organisation syndicale. Dans un premier temps, l\u2019activisme des sections universitaires (FAU-Formation action universitaire) a popularis\u00e9 la CNT et a contribu\u00e9 \u00e0 la faire appara\u00eetre publiquement. Les gr\u00e8ves de novembre-d\u00e9cembre 1995 ont \u00e0 cet \u00e9gard \u00e9t\u00e9 d\u00e9cisives. Bas\u00e9e sur ses quelques secteurs d\u2019implantation syndicale (PTT, Nettoyage, Education, Sant\u00e9-Social, militants isol\u00e9s dans d\u2019autres secteurs, etc.), b\u00e9n\u00e9ficiant de l\u2019activisme tous azimuts des \u00e9tudiants, la CNT en peu de temps est apparue publiquement comme une organisation ayant un poids social ind\u00e9niable. Loin d\u2019\u00eatre \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, ces sections universitaires se sont p\u00e9rennis\u00e9es, avec des hauts et des bas, \u00e9tendues dans de nombreux campus, et les militants qui en \u00e9taient issus sont venus en grand nombre renforcer les syndicats existants, voire en cr\u00e9er de nouveaux, dans toute la France. La fin des ann\u00e9es 90 a ainsi vu le renforcement des structures de la CNT.<\/p>\n<p><strong>2) Des apparitions publiques de masse<\/strong><\/p>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 mai 2000, qui a \u00e9t\u00e9 l\u2019\u00e9v\u00e9nement public symbolisant, en France, le renouveau de l\u2019anarchosyndicalisme et du syndicalisme r\u00e9volutionnaire. Durant une semaine, des concerts (dont Noir D\u00e9sir), des d\u00e9bats publics, des conf\u00e9rences, des projections, des expositions, des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, se sont inscrits dans un festival baptis\u00e9 \u00a0\u00bb Un autre futur \u00ab\u00a0, organis\u00e9 par la CNT. Divers livres, brochures et journaux furent publi\u00e9s \u00e0 l\u2019occasion. Avec 5000 personnes dans la rue, le premier mai fut cette ann\u00e9e-l\u00e0 rouge et noir, avec le plus grand cort\u00e8ge depuis des d\u00e9cennies, compos\u00e9 de camarades venant de toute la France, de d\u00e9l\u00e9gations du monde entier. D\u2019autres apparitions publiques ont depuis confirm\u00e9 cette renaissance, en particulier les 10000 manifestants de G\u00f6teborg, qui, sous les drapeaux de la SAC, de la FAU, de la CGT-E et de la CNT-F, d\u00e9fil\u00e8rent en juin 2000 lors du contre-sommet europ\u00e9en.<\/p>\n<p><strong>3) Implantation syndicale et front social<\/strong><\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la CNT a poursuivi cette \u00e9volution. Non sans heurts, elle continue sa mue, de groupuscule de propagande en organisation syndicale. Sur le champ politique, elle est pr\u00e9sente sur tous les fronts\u00a0: lutte contre la guerre, antifascisme, antisexisme, lutte contre les lois r\u00e9pressives, mobilisation sur les sommets internationaux, soutien aux sans-papiers&#8230; Sur le champ syndical, elle \u00e9largit son implantation, la nouveaut\u00e9 de ces derni\u00e8res ann\u00e9es \u00e9tant le d\u00e9veloppement de contacts avec des syndicalistes de la CFDT ou de la CGT, sur des pratiques de lutte de classe. L\u2019image de violence, l\u2019\u00e9tiquette d\u2019\u00a0\u00bb anarchiste \u00ab\u00a0, s\u2019estompent peu \u00e0 peu, au fil des pratiques communes lors des luttes au quotidien. les rapports avec les hi\u00e9rarchies syndicales, en revanche, sont plus mauvais que jamais. De la CGT qui, en mai 2001, demande \u00e0 la police de nous emp\u00eacher de manifester, \u00e0 l\u2019intersyndicale CGT-CFDT-FO qui, en mai 2002, appelaient \u00e0 un cort\u00e8ge \u00a0\u00bb unitaire \u00ab\u00a0&#8230; sans nous\u00a0! la tension s\u2019accentue. Le dernier congr\u00e8s de la CGT, accentuant nettement la \u00a0\u00bb c\u00e9d\u00e9tisation \u00a0\u00bb (CFDT) de la conf\u00e9d\u00e9ration, ne va pas manquer d\u2019accentuer encore ces tensions, r\u00e9v\u00e9latrices de la peur de se faire d\u00e9border.<\/p>\n<p><strong>4) La question des \u00e9lections professionnelles.<\/strong><\/p>\n<p>Cette question, comme nous l\u2019avons vu, s\u2019est trouv\u00e9e au coeur de la scission de 1993. Le probl\u00e8me qui s\u2019est pos\u00e9 \u00e0 nous \u00e9tait simple. Soit nous maintenions des principes inflexibles de refus de participation \u00e0 ces \u00e9lections (en particulier parce que les \u00e9lus ne sont pas r\u00e9vocables), mais nous renoncions de fait \u00e0 la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er des sections syndicales (sans DP, il est pratiquement impossible d\u2019acqu\u00e9rir la repr\u00e9sentativit\u00e9, sans repr\u00e9sentativit\u00e9 il est impossible d\u2019ancrer une section syndicale en raison de la r\u00e9pression patronale). C\u2019est ce choix qui a \u00e9t\u00e9 fait par la CNT-AIT. Soit nous nous r\u00e9servions la possibilit\u00e9 d\u2019y participer, cela autorisait une strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement de sections syndicales et de construction d\u2019un syndicat de masse, tout en n\u00e9cessitant une vigilance particuli\u00e8re. La CNT a fait ce dernier choix, elle s\u2019est dot\u00e9e d\u2019une commission charg\u00e9e de recueillir les bilans d\u2019exp\u00e9riences men\u00e9es, qui sont diffus\u00e9s \u00e0 l\u2019ensemble des syndicats, afin que les d\u00e9cisions puissent se faire en connaissance de cause et non selon des principes th\u00e9oriques. Le sujet est encore d\u00e9battu. Nous travaillons \u00e0 la d\u00e9finition des modalit\u00e9s de pr\u00e9sentations, des types d\u2019\u00e9lections auxquelles il est possible de se pr\u00e9senter, des moyens de contr\u00f4le permettant d\u2019\u00e9viter les d\u00e9rives cogestionnaires. Entre le groupuscule et l\u2019organisation syndicale, la CNT cherche sa voie propre.<\/p>\n<p><strong>5) Printemps 2003\u00a0: enracinement de la CNT.<\/strong><\/p>\n<p>M\u00eame s\u2019il est encore trop t\u00f4t pour en tirer un bilan complet, le large mouvement social du printemps 2003 a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l\u2019immense chemin parcouru par la CNT depuis novembre-d\u00e9cembre 1995. Nous \u00e9mergions alors \u00e0 peine, et c\u2019est seulement dans les universit\u00e9s que nous avons particip\u00e9 au mouvement de mani\u00e8re d\u00e9cisive. Nous \u00e9tions pr\u00e9sents sur d\u2019autres fronts, mais surtout de l\u2019ext\u00e9rieur. Le mouvement du printemps 2003 a d\u00e9marr\u00e9 sur la fronde de l\u2019Education nationale, qui durait d\u00e9j\u00e0 depuis plusieurs mois. La lutte des emplois-jeunes et des surveillants, dans laquelle nous avons eu un r\u00f4le central dans plusieurs r\u00e9gions, a d\u00e9but\u00e9 d\u00e8s la rentr\u00e9e scolaire 2002. Le d\u00e9veloppement du puissant mouvement de l\u2019Education nationale, initi\u00e9 d\u00e8s avril, voire mars, s\u2019est fond\u00e9 sur les assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales d\u2019\u00e9tablissements en lutte et sur la recherche d\u2019une convergence interprofessionnelle, d\u00e8s mai. L\u00e0 encore, notre r\u00f4le fut essentiel dans plusieurs r\u00e9gions, gr\u00e2ce \u00e0 notre implantation construite ces derni\u00e8res ann\u00e9es, dans la foul\u00e9e de 1995.Dans la culture, c\u2019est \u00e9galement l\u00e0 o\u00f9 nous \u00e9tions le mieux implant\u00e9 (BNF, La Villette, la Cin\u00e9math\u00e8que&#8230;) que la participation au mouvement a \u00e9t\u00e9 la plus forte. Les camarades du spectacle (en particulier intermittents) ont men\u00e9 des actions d\u00e9terminantes, li\u00e9es \u00e0 la ren\u00e9gociations des annexes 8 et 10 (indemnisation ch\u00f4mage). Mais il n\u2019est pas l\u2019objet ici de faire un catalogue\u00a0: la r\u00e9v\u00e9lation essentielle est que nous existons r\u00e9ellement maintenant comme syndicat, dans de nombreuses branches. Que notre pr\u00e9sence dans d\u2019autres branches, o\u00f9 nous ne sommes pas encore suffisamment influents, nous a au moins permis de propager largement l\u2019information sur le mouvement et notre perspective propre (commerce, presse, m\u00e9tallurgie&#8230;). Et que, l\u00e0 o\u00f9 nous avons jou\u00e9 un r\u00f4le essentiel, le principe d\u2019organisation \u00e9tait l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale souveraine des travailleurs, l\u2019\u00e9largissement et la convergence des luttes. Ce qui s\u2019est fait le plus souvent dans de tr\u00e8s bonnes conditions avec la base d\u2019autres syndicats, et d\u2019ex\u00e9crables relations avec les bureaucraties, dont l\u2019objectif a, semble-t-il, \u00e9t\u00e9 de freiner le plus possible l\u2019extension du mouvement pour en garder le contr\u00f4le absolu.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">V- Organisation de la CNT<\/h3>\n<p>Le mode de fonctionnement de la CNT correspond \u00e0 la mani\u00e8re dont nous pr\u00e9tendons que la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble peut \u00eatre g\u00e9r\u00e9e. D\u00e9cisions par la base, mandats imp\u00e9ratifs, rotation des t\u00e2ches&#8230; C\u2019est pas toujours facile, mais \u00e7a s\u2019apprend par la pratique\u00a0!<\/p>\n<p><strong>1) Le syndicat, structure de base<\/strong><\/p>\n<p>Les prises de d\u00e9cisions sont effectu\u00e9es au niveau des syndicats, qui constituent la base d\u00e9cisionnelle de la CNT. La CNT est con\u00e7ue comme une conf\u00e9d\u00e9ration libre de ces syndicats. Le principe fondamental, dans la CNT, est le m\u00eame au niveau local que dans la perspective r\u00e9volutionnaire\u00a0: ce sont aux prol\u00e9taires de travailler \u00e0 leur \u00e9mancipation, ce sont aux travailleurs concern\u00e9s de prendre les d\u00e9cisions les concernant, tant que le pacte conf\u00e9d\u00e9ral est respect\u00e9. Ainsi, les sections d\u2019entreprise affili\u00e9es \u00e0 un syndicat b\u00e9n\u00e9ficient \u00e9galement d\u2019une autonomie de d\u00e9cision, toujours dans la mesure o\u00f9 les principes g\u00e9n\u00e9raux du syndicat et de la conf\u00e9d\u00e9ration sont respect\u00e9s.Le syndicat est un syndicat d\u2019industrie\u00a0: en clair, c\u2019est un syndicat interprofessionnel r\u00e9unissant les diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de personnel travaillant dans une m\u00eame industrie. La section d\u2019entreprise est \u00e9galement interprofessionnelle. Ce principe est parfois difficile \u00e0 concilier avec la r\u00e9alit\u00e9 des formes d\u2019exploitation\u00a0: ainsi, dans le nettoyage, les travailleurs peuvent changer r\u00e9guli\u00e8rement de chantier et ne sont pas forc\u00e9ment attach\u00e9s \u00e0 une industrie, encore moins \u00e0 une entreprise. Ces formes se d\u00e9veloppent, les liens existant entre les diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de salari\u00e9s sont rompus entre autre gr\u00e2ce au recours massif \u00e0 la sous-traitance et aux externalisations. Des formes de structuration sont \u00e0 trouver pour \u00e9viter le pi\u00e8ge corporatiste, qui favorise l\u2019isolement et la concurrence entre m\u00e9tiers au profit du patronat, sans ignorer la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>2) Les structures de coordination<\/strong><\/p>\n<p>Il existe environ 200 syndicats conf\u00e9d\u00e9r\u00e9s dans la CNT aujourd\u2019hui. Le bureau conf\u00e9d\u00e9ral assure le lien entre les congr\u00e8s (tous les deux ans). Sa charge est uniquement technique, il veille au fonctionnement courant de la conf\u00e9d\u00e9ration, \u00e0 la circulation de l\u2019information en interne et avec l\u2019ext\u00e9rieur. Il applique les d\u00e9cisions du congr\u00e8s, il organise le CCN (Comit\u00e9 conf\u00e9d\u00e9ral national).Les syndicats sont par ailleurs \u00e9galement regroup\u00e9s en UR (unions r\u00e9gionales), ainsi qu\u2019en UD et UL (unions d\u00e9partementales et unions locales). Ce sont les unions r\u00e9gionales qui se r\u00e9unissent tous les six mois en CCN, elles veillent \u00e0 l\u2019application des d\u00e9cisions de congr\u00e8s, contr\u00f4lent les mandat\u00e9s conf\u00e9d\u00e9raux, prennent les d\u00e9cisions techniques qui s\u2019imposent, assurent le suivi des campagnes conf\u00e9d\u00e9rales.Les syndicats sont enfin r\u00e9unis en f\u00e9d\u00e9rations d\u2019industrie, lorsqu\u2019ils sont suffisamment nombreux. Il en existe six \u00e0 ce jour\u00a0: Education, PTT, B\u00e2timent-Travaux Publics, Communication culture spectacle, Sant\u00e9-social et Terre-Environnement. La f\u00e9d\u00e9ration d\u2019industrie n\u2019a qu\u2019un r\u00f4le technique de coordination.<\/p>\n<p><strong>3) L\u2019international, une priorit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Au sein du bureau conf\u00e9d\u00e9ral, le secr\u00e9tariat international, compos\u00e9 d\u2019une quinzaine de camarades, travaille \u00e0 d\u00e9velopper les contacts internationaux, \u00e0 coordonner les actions internationales, \u00e0 mettre en rapport les syndicats de la CNT avec des structures \u00e9quivalentes afin de concr\u00e9tiser une r\u00e9elle dynamique internationale issue de la base.C\u2019est lors de notre congr\u00e8s de 2001 que nous avons finalement d\u00e9cid\u00e9 de renoncer \u00e0 la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019Association internationale des travailleurs. Malgr\u00e9 notre exclusion en 1996, nous avions en effet conserv\u00e9 cette r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019Internationale. Cependant, bien que nous nous r\u00e9clamions toujours des principes de l\u2019AIT, il fallait admettre que cela ne correspondait plus \u00e0 rien, dans la r\u00e9alit\u00e9. D\u2019une part, l\u2019AIT n\u2019\u00e9tait compos\u00e9e que de sections nationales dogmatiques et moribondes (\u00e0 l\u2019exception de l\u2019Italie et de certains syndicats espagnols), et n\u2019avait aucune r\u00e9alit\u00e9 sur la sc\u00e8ne internationale. D\u2019autre part, nous-m\u00eames avions constitu\u00e9 un r\u00e9seau international dynamique qui avait marqu\u00e9 la renaissance de l\u2019internationalisme rouge et noir, avec des luttes syndicales men\u00e9es au niveau international, avec d\u2019importants cort\u00e8ges compos\u00e9s principalement, en plus de la CNT, des IWW, de la SAC allemande, de la CGT espagnole et de la FAU allemande (Amsterdam 1998, K\u00f6ln 1999, Paris en mai 2000, G\u00f6teborg en 2001, S\u00e9ville en 2002). Des rencontres syndicalistes internationales (San Francisco 1999, G\u00f6teborg 2001, Essen 2002, S\u00e9ville 2003) nous ont \u00e9galement permis de nouer des contacts avec des organisations pratiquant le syndicalisme r\u00e9volutionnaire de tous les continents, ces rencontres ont d\u00e9bouch\u00e9 sur de nombreuses actions de solidarit\u00e9 internationales (tout particuli\u00e8rement avec l\u2019Argentine, depuis l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re).Dans le cadre du G8 d\u2019Evian, la CNT a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente avec des d\u00e9l\u00e9gations internationales. Elle a particip\u00e9 \u00e0 trois initiatives\u00a0: le Village anticapitaliste (VAAAG), la CLAAAC (coordination des luttes anti-autoritaires) et les forums des luttes sociales.<\/p>\n<p><strong>4) Les commissions<\/strong><\/p>\n<p>La CNT se dote de commissions. Emanations des syndicats, elles peuvent \u00eatre interne \u00e0 l\u2019un d\u2019entre eux, ou s\u2019\u00e9largir jusqu\u2019au niveau conf\u00e9d\u00e9ral. Elles n\u2019ont souvent qu\u2019une existence ponctuelle en rapport avec l\u2019actualit\u00e9. Quelques commissions parviennent cependant \u00e0 se p\u00e9renniser\u00a0: la commission femmes est la plus ancienne, elle est mixte et travaille sur le sexisme et les rapports entre sexes\u00a0; la commission prison\u00a0; la commission juridique, qui se met en place afin de r\u00e9pondre mieux aux besoins croissant des syndicats, particuli\u00e8rement pour les proc\u00e8s en repr\u00e9sentativit\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion des cr\u00e9ations de sections d\u2019entreprise\u00a0; mais il y a aussi une commission prison, antimilitariste, etc&#8230;<\/p>\n<h3 class=\"spip\"> <strong>Bon, alors, c\u2019est quoi, la CNT\u00a0?!<\/strong> <\/h3>\n<p>Alors, la CNT, c\u2019est quoi\u00a0? Une organisation qui a h\u00e9rit\u00e9 d\u2019une histoire riche, enracin\u00e9e dans le mouvement ouvrier, mais qui se construit avant tout dans le pr\u00e9sent, dans les luttes auxquelles elle participe, qu\u2019elle impulse parfois. Une organisation encore bien marginale face aux conf\u00e9d\u00e9rations repr\u00e9sentatives, mais qui \u00e9largit son audience, son influence, et qui retrouve sur le terrain des pratiques de nombreux syndicalistes appartenant \u00e0 d\u2019autres organisations. Une organisation qui refuse les \u00e9tiquettes id\u00e9ologiques, les dogmatismes paralysants, toute asservissement \u00e0 un parti politique, mais qui inclut dans son champs d\u2019action des luttes \u00e9minemment politiques, r\u00e9v\u00e9latrices d\u2019un projet de soci\u00e9t\u00e9, d\u2019une autre forme d\u2019organisation sociale. La CNT a une grande ambition, l\u2019\u00e9mancipation des travailleurs, l\u2019abolition des classes, l\u2019\u00e9galit\u00e9 et la justice sociale, la gestion de la soci\u00e9t\u00e9 par les producteurs. Si la CNT d\u00e9ploie beaucoup d\u2019\u00e9nergie, c\u2019est pour construire ce r\u00eave, l\u2019ancrer dans la r\u00e9alit\u00e9 des luttes, le faire partager par tous ceux qui, un jour, mettront \u00e0 bas le vieux monde. Vive la R\u00e9volution sociale\u00a0!<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019\u00e9mancipation des travailleurs, sera l\u2019oeuvre des travailleurs eux-m\u00eames\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le nom de la CNT circule d\u00e9sormais r\u00e9guli\u00e8rement, sur les tracts, dans les manifestations, parfois dans les m\u00e9dias. Mais si les trois lettres commencent \u00e0 \u00eatre connues, ce qu\u2019elles signifient reste souvent bien flou. 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